- Quoi ?
- Tu as beau fuir le malheur, comme nous l'avons fait... il te rattrappe toujours. ... à l'odeur, comme un chien ! "
(Le Village)
Peut-être le malheur nous traque-t-il sans arrêt, peut-être est-ce vrai... Il est vrai que nous fuyons toujours certaines choses : nos devoirs, nos obligations, nos responsabilités... et que ces choses nous rattrappent inévitablement. Mais le malheur en fait-il partie ? si on fuyait réellement le malheur, on fuyerait tout, tous ; car nous sommes conscient que, qui que nous cotoyons, cette personne nous fera souffrir un jour, par son absence ou sa présence... Mais a-t-on besoin de fuir pour être poursuivit ?
Le malheur fait partie des choses en ce monde qui sont inévitables, qui que nous soyons.
Alors si le malheur nous mord au mollet, il est préférable de s'arranger pour qu'il déssère sa prise sans partir ; pour s'épargner une course contre l'invincible, la déception de la perdre, l'illusion qu'Il a disparu... mieux encore, affrontons le du regard, fier de voir cette minable chose nous courir au basques ; se disant que, par moment, on l'affaiblit, la meurtrit, la ridiculise, quand, malgré sa morsure douloureuse, un sourir apparait sur un visage ; quand, malgré la douleur, un éclat de rire retentit dans le silence de nos vies ; quand, malgré notre souffrance, on s'aperçoit qu'on a suspendu le temps, le temps d'un moment de joie, le temps d'une après-midi, et que la chimère s'est éloigné d'elle-même, car elle ne peut rien contre nous en ces moments là et qu'elle aussi a besoin de répi...


