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Il lui avait parlé. Jusque là, peu savaient, et même ceux qui savaient ne pouvaient rien.
Il lui avait parlé. Jusque là, il n'avait pu qu'essayer, ce qui n'avait rien changé ; sauf peut-être cette distance qui semblait se faire croissante et dévorer lentement ce qu'ils avaient construit auparavant.
Il lui avait parlé, malgré la difficulté. Il avait choisi cette voie, celle de la difficulté, car il ne voulait pas avoir facile, il voulait se battre contre lui-même, vaincre ; sûrement par pure orgueil, pour se prouver qu'il était capable de faire front ; sûrement parce qu'il avait peur et qu'il ne voulait se l'avouer.
Il lui avait alors parlé, à la seule personne capable de le comprendre réellement, car à la fois bourreau, salvateur et victime.
Il lui avait parlé et, alors qu'il tournait le dos au lieu où tout s'était joué, il se cru vide. Il se cru vaincu par les mots qu'il n'était pas parvenu à pronnoncer comme il l'avait voulu au départ, par les phrase qu'il n'avait pas dites du tout, et par celles de trop qu'il n'avait pas gardées en lui.
Il se croyait vide, vide de sens désormais ; il ne fit attention qu'à peu de choses...
Mais il croisa alors un regard, puis un autre, il fit attention à ces visages, et ces visages sourirent. Il en reconnu un, le sien, celui de la personne qui l'avait écouté une demi-heure durant débiter des mots inutiles sensés traduire une souffrance depuis peu apaisée ; et il comprit qu'il avait vaincu, que même dans son échec apparent, il était victorieux, et il sourit à son tour.
Il n'était pas vide, mais bien plus léger. Et c'est quand il comprit ça, qu'il sut que c'était réellement fini.
Il lui avait parlé... mais surtout, l'autre l'avait écouté.